Rupture de stocks pour les médicaments
Posté par medicaments le 9 janvier 2012
L’année 2012 aura été marquée par des ruptures de stock de médicaments. Si le pharmacien peut gérer des manquants ponctuels, il est difficile de le faire de manière systématique, d’autant que ces incidents sont parfois délicats à gérer au comptoir. Face à des causes multifactorielles, l’État a engagé un plan d’actions en septembre dernier, dont on attend les premiers résultats.
Chacun a commencé par pointer du doigt les autres acteurs de la chaîne du médicament.
Désormais, tous sont d’accord pour dire que les causes des ruptures d’approvisionnement sont multifactorielles et ont une dimension internationale. La chaîne du médicament en France est réglementée, organisée, bénéficie d’un maillage et d’une sécurité d’approvisionnement quasiment sans équivalent au monde. Mais alors pourquoi y a-t-il des manquants en pharmacie ?
Il y a des remontées sur des défaillances par le biais de pharmaciens, de patients et d’associations de patients, mais tout cela est difficilement quantifiable.
Un constat qui a poussé l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine à mener une enquête, dont les résultats sont éloquents. Sur plus d’un milliers de pharmaciens interrogés, près de 90% d’entre eux constatent une augmentation des ruptures d’approvisionnement, 75 % affirment être confrontés à au moins un nouveau cas par semaine, dont 35 % à plusieurs cas hebdomadaires. L’USPO a aussi mis en place un observatoire qui a enregistré 1 100 déclarations d’incidents en six mois, pour 328 spécialités différentes.
Afin de répondre aux besoins des patients, 75 % des pharmaciens ont fait appel à un autre grossiste-répartiteur et 25 % directement au fabricant.
Politique de quotas
Si les ruptures de stock ne sont pas nouvelles, elles étaient jusqu’alors plus marginales et concernaient des médicaments particuliers.
Aujourd’hui, toutes les références peuvent être touchées. Premiers à avoir été montrés du doigt, les grossistes-répartiteurs ne sont pas d’accord. Sans nier les incidents existant, certaines personnes affirment qu’il n’y a pas plus de ruptures de stock qu’auparavant chez le grossiste-répartiteur et dénonce une amplification du phénomène orchestré par des laboratoires, pour des raisons économiques ou parce qu’ils souhaitent acheminer eux-mêmes des produits spécifiques.
La répartition regrette la politique des quotas mise en place par des laboratoires pour limiter les exportations parallèles, mais qui sert surtout à cacher des problèmes de production, et notamment de pénurie de matières premières.
Un message entendu par le gouvernement puisque le secrétaire d’État à la santé, explique que « la mise en place de politiques de quotas par les fabricants, ainsi que l’émergence depuis quelques années de grossistes-répartiteurs appelés « short-liners » qui ne respectent pas les obligations de service public ont conduit à la dérégulation actuelle de la distribution en gros de médicaments et à des ruptures dans l’approvisionnement ».
Face aux réclamations réitérées des patients et des pharmaciens, le ministre de la Santé a condamné l’été dernier les pratiques d’exportations parallèles qui mettent en péril la fourniture de médicaments en France.
Au programme : rappel des obligations de service public de chacun, identification des classes thérapeutiques à risque, obligation pour les fabricants d’instaurer un plan de gestion des pénuries, création d’un circuit d’information rapide pour signaler les ruptures de stock et pour informer prescripteurs et dispensateurs, anticipation des arrêts de commercialisation pour une meilleure mise en place de mesures alternatives.




