Le libre accès en place dans près d’une officine sur deux

Posté par medicaments le 8 octobre 2009

Depuis le 1er juillet 2008, le libre accès est devenu une réalité en France. Si près de quatre officinaux sur dix affichaient leur volonté d’installer une zone de libre accès, ils sont finalement près d’un sur deux à l’avoir réalisé. Ils étaient 53,8 % à s’y refuser avant la parution du décret d’après une enquète de Call Medi Call. Ils sont aujourd’hui 53,2 % à ne pas l’avoir mis en place et pour plus d’un tiers, le motif n’est autre que le manque de place. 5,1 % d’entre eux indiquent que la mise en place est en projet tandis que 4,2 % précisent avoir essayé sans succès et abandonné. Toujours parmi les pharmaciens qui n’ont pas mis en place la médication familiale devant le comptoir, 40,4 % s’y refusent catégoriquement, affirmant être « contre le libre accès », ne pas le souhaiter ou ne pas y voir d’intérêt.

Parmi les pharmacies avec une zone libre accès, près de 80 % y consacrent moins de 10 % de leur espace de ventes (63 % en avaient l’intention en mai 2008). Les officinaux qui pensaient réserver une zone de 10 à 20 % n’ont pas suivi leur volonté première puisqu’ils sont finalement 18,2 % (au lieu des 28 %) à avoir un rayon de cette taille.

Quant aux classes thérapeutiques qui ont la priorité de cette zone dédiée, il s’agit avant tout (et sans surprise) des antalgiques et antipyrétiques. Cette classe avait déjà été désignée comme prioritaire en juin 2008, devant les antiseptiques, les médicaments de la sphère ORL et ceux indiqués dans les troubles gastroentérologiques. Dans les faits, les références en ORL passent devant les antiseptiques. La différence tient principalement dans le premier projet des officinaux de ne pas privilégier de classe thérapeutique dans leur futur rayon libre accès (40 % de répondants), ce qui ne se vérifie pas puisque 13,8 % seulement déclarent ne donner aucune priorité. Par ailleurs, la liste des médicaments autorisés en libre accès par l’AFSSAPS est régulièrement modifiée. La liste est ainsi passée de 272 références en juillet 2008 à 380 références une année plus tard.

En outre, seuls 11,7 % voulaient profiter de la mise en place du libre accès pour réagencer leur officine, ils sont finalement 17,6 % à avoir réagencé.

Il reste néanmoins trois points noirs du marché OTC puisque les officinaux considèrent à 78,5 % (versus 80,6 % en juin 2008) que le libre accès n’a pas renforcé le conseil officinal, à 65,8 % (vs 52,7 %) qu’il n’a pas permis le développement du marché de l’automédication et à 50,8 % (vs 45,2 %) qu’il n’a pas contribué à diminuer le prix moyen des produits concernés.

Globalement, si les objectifs ambitieux, notamment avec une très large adhésion des pharmaciens, ne sont pas complètement atteints, on observe néanmoins une évolution positive de ces professionnels de santé en faveur du libre accès. La comparaison des derniers résultats avec ceux émanant de l’étude effectuée avant la mise en place effective du libre accès, l’an dernier, ne laisse aucun doute. Comme l’avaient prévu les spécialistes, la révolution du libre accès s’effectue en douceur et très progressivement.

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